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Rubrique: SOINS
Auteurs: Binder P, Vanderkam P.
Citer cet article: Binder P, Vanderkam P. Intervenir sur les addictions en médecine générale. exercer 2017;130:72-81.
Lien URL: https://www.exercer.fr/full_article/849
L’addiction est une maladie du cerveau qui impacte lourdement la santé publique et concerne l’exercice du médecin généraliste (MG). Après l’approche physiopathologique, cette 2e partie aborde les multiples possibilités d’interventions proposées par la littérature scientifique et expérimentées en consultation. En prévention primaire, le MG peut repérer précocement les vulnérabilités, valoriser les facteurs de protection et contribuer à retarder l’exposition aux produits par sa fonction vigilante de médecin de famille. Lors des premières consommations à l’adolescence, le MG vise à en réduire l’empreinte et l’altération du contrôle. Il dépiste lors des consultations banales. Il situe et cadre la demande des tiers. Il explore les fonctions des consommations et transforme les représentations. Cela nécessite qu’il ait bien compris l’impact des produits psychoactifs dans un cerveau en pleine maturation. Lors de consommations installées, le MG intervient tant sur les conséquences morbides des usages, même contrôlés, que sur le comportement addictif lui-même. Il repère, interroge, évalue et explique la douleur du manque, la vulnérabilité au stress et l’emprise du conditionnement. Il suscite ainsi chez le patient une prise de conscience de son trouble et des capacités à réduire l’emprise des produits et ses conséquences. Ayant compris les indications et limites des médicaments, le MG peut susciter et accompagner le changement. Il le fait en adaptant les techniques de l’entretien motivationnel dans des interventions brèves et fractionnées car le MG a peu de temps, mais il a la durée. Plutôt qu’espérer des transformations radicales et rapides, il s’agit pour le MG de maintenir un lien de soutien de proximité permettant au patient de supporter son effort à vivre autrement.
As a brain disease with a major impact on public health, addiction is of concern for the general practitioner (GP). After a pathophysiological approach, this second section deals with the many possible interventions proposed in the scientific literature and experienced during consultations. In primary prevention, the GP must achieve early detection of vulnerabilities, enhance protective factors and, as a vigilant family doctor, delay exposure to substances. During adolescents’ initial consumption, the GP aims at reducing its imprint and loss of self-mastery. He situates and frames the demands of third parties. He explores consumption functions and transforms representations. He has necessarily understood the impact of psychoactive products on the maturing brain. Once consumption has become regular, his interventions are focused as much on the morbid consequences of drug use, even when controlled, as on the addictive behavior itself. The GP identifies, interrogates, evaluates and explains the pain associated with lack, vulnerability to stress, and the stranglehold of conditioning. He thereby renders the patient aware of his disorder and of his capacity to reduce the influence of the products and their consequences. Having understood the indications and the limits of medications, he can provoke and accompany salutary change. He does so by adapting the techniques of motivational interviewing to the exigencies of brief and fractioned interventions; while he has little time, he does have duration. Rather than hoping for rapid and radical transformations, the GP maintains a form of “proximity support” through which the patient is placed in a better position to persevere in his effort.