Inscrivez- vous au sommaire électronique
Recevez à chaque sortie d'exercer, le sommaire de la revue.
Rubrique: SOINS
Auteurs: Quibel T, Valy G, Schuers M.
Citer cet article: Quibel T, Valy G, Schuers M. Dépistage du risque de mort subite chez le sportif : quelle place pour l’ECG ?. exercer 2015;119:77-82.
Lien URL: https://www.exercer.fr/full_article/701
Il n’existe pas à l’heure actuelle de réel consensus concernant les modalités du dépistage du risque de mort subite d’origine cardiovasculaire chez les sportifs de moins de 35 ans. La question de l’adjonction systématique d’un électrocardiogramme fait notamment débat. D’un côté, l’électrocardiogramme vient apporter de la validité à un examen physique qui en manque cruellement. L’expérience italienne, la plus connue, montre aussi des résultats spectaculaires. Entre 1979 et 2004, l’incidence des morts subites chez les sportifs a chuté de près de 90 %. D’un autre côté, l’incidence des morts subites chez les jeunes sportifs en France est très faible, de l’ordre de 0,5 à 1 cas pour 100 000 personnes par an, soit moins de 50 cas annuels. De plus, la réalisation systématique d’un ECG, même interprété par un professionnel expérimenté, expose à un taux significatif de faux positifs. Cette faible spécificité n’est pas sans conséquences pour le patient. Enfin, l’implémentation d’un programme de dépistage systématique du risque de mort subite par électrocardiogramme en France engendrerait des coûts majeurs, en termes d’équipement, de formation des professionnels et d’honoraires. À ce jour, il ne semble pas exister suffisamment de données permettant de justifier l’ajout systématique de l’ECG à la procédure de dépistage du risque de mort subite chez le jeune sportif.
Defining the most effective strategy for pre-participation cardiovascular screening of athletes to prevent sudden death remains controversial. The inclusion of the 12-lead electrocardiogram is debated. On one hand, rest ECG seems to do much better than history interview and physical examination. The wellknown Italian experience had spectacular results, with a 90% decrease in the incidence of cardiac sudden deaths among athletes between 1979 and 2004. On the other hand, the incidence of cardiac sudden deaths among young athletes remains very low, from 0,5 to 1 event per 100,000 person-years, less than 50 events each year in France. The systematic use of an electrocardiogram, even if interpreted by a trained professional, leads to a high rate of false positives. This lack of specificity is detrimental for patients’ health. What is more, the use of a systematic ECG would involve major costs, including purchasing of device, training and medical fees. In conclusion, existing data do not seem to justify the implementation of a systematic ECG in pre-participation cardiovascular screening of athletes to prevent sudden death