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Rubrique: RECHERCHE
Auteurs: Canuet H, Belin I, Henry G.
Citer cet article: Canuet H, Belin I, Henry G. Prise en charge de la femme victime de violences conjugales par les médecins généralistes : une étude qualitative. exercer 2010;92:75-81.
Lien URL: https://www.exercer.fr/full_article/219
Contexte. Les violences conjugales sont un problème de santé publique dans lequel le médecin généraliste a un rôle important à jouer.
Les objectifs de l’étude étaient triples : analyser les représentations des médecins sur le phénomène de violence conjugale, établir un état des lieux de la prise en charge de la femme victime, et évaluer le ressenti des médecins face aux violences conjugales.
Méthode. Étude qualitative à l’aide d’entretiens individuels semi-dirigés avec des médecins généralistes de Basse-Normandie.
Résultats. 21 médecins ont été interviewés. Leurs représentations des violences conjugales étaient proches de celles de la population générale. L’écoute était essentielle pour les médecins, mais elle était entachée d’un sentiment d’impuissance. Ils étaient mal à l’aise devant les violences conjugales. Ce malaise s’exprimait par le doute, la méfiance, le sentiment d’impuissance et la banalisation. Les difficultés étaient centrées sur l’ambivalence de la femme victime, les contraintes de l’exercice, mais peu sur les barrières personnelles des médecins.
Conclusion. Une sensibilisation des médecins paraît nécessaire pour améliorer la prise en charge des femmes victimes. Elle doit passer par une formation, axée non seulement sur l’acquisition de connaissances théoriques et pratiques, mais aussi sur le développement d’un savoir-être devant les violences conjugales.Les médecins généralistes sont mal à l’aise dans les consultations avec les patientes victimes de violences conjugales.
Background. Domestic violence is a public health issue in which the general practitioner has an important role to play.
This study had three objectives: analysing the physicians’ representations of domestic violence, establishing the way the female victims are managed by the general practitioners, and evaluating the feelings of the physicians towards domestic violence.
Method. Qualitative study with semi-structured guided interviews of general practitioners practising in Basse-Normandie.
Results. Twenty-one general practitioners were interviewed. Their representation of domestic violence was close to general publics’. Listening was essential for the physicians but it was mixed with a feeling of helplessness. The study reveals the uneasiness of the physicians towards domestic violence. The uneasiness was expressed through doubt, mistrust, powerlessness and trivialization. The difficulties they mentioned were centred on the ambivalence of the women, the constraints of practice, and very few on the personal barriers which might hinder the physicians.
Conclusion. Raising the physicians’ awareness seems necessary to improve the way the female victims are managed by the general practitioners. It should be done through a training, based not only on medical education and practical training, but also on the development of the ability to deal with domestic violence.