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Rubrique: SOINS
Auteurs: Gocko X, Partouche H, Lemogne C, Lenormand C, Bouiller K, Gehanno J, Rabaud C, Perrot S, Eldin C, De Broucker T, Roblot F, Toubiana J, Sellal F, Vuillemet F, Sordet C, Fantin B, Lina G, Sobas C, Jaulhac B, Figoni J, Chirouze C, Hansmann Y, Hentgen V, Caumes E, Dieudonné M, Bodaghi B, Gangneux J, Degeilh B, Saunier A, Sotto A, Raffetin A, Monsuez J, Michel C, Boulanger N, Cathébras P, Tattevin P.
Citer cet article: Gocko X, Partouche H, Lemogne C, Lenormand C, Bouiller K, Gehanno J, Rabaud C, Perrot S, Eldin C, De Broucker T, Roblot F, Toubiana J, Sellal F, Vuillemet F, Sordet C, Fantin B, Lina G, Sobas C, Jaulhac B, Figoni J, Chirouze C, Hansmann Y, Hentgen V, Caumes E, Dieudonné M, Bodaghi B, Gangneux J, Degeilh B, Saunier A, Sotto A, Raffetin A, Monsuez J, Michel C, Boulanger N, Cathébras P, Tattevin P. La borréliose de Lyme : les données de la science utiles en soins primaires. exercer 2019;157:412-21.
Lien URL: https://www.exercer.fr/full_article/1262
Contexte. Les controverses récentes autour de la borréliose de Lyme (BL) amènent les patients et les médecins généralistes à se poser de nombreuses questions.
Méthode. Une revue bibliographique et l’utilisation de la grille méthodologique de qualité AGREE II ont permis à 24 sociétés savantes d’émettre des recommandations sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge des différentes formes de BL.
Résultats. La prévention primaire mécanique peut éviter les piqûres. En cas de piqûre de tique, la balance bénéfice/risque d’un traitement antibiotique ne justifie pas son utilisation, le risque de développer une BL étant < 5 %. Les formes les plus fréquentes de BL sont les formes cutanées, principalement l’érythème migrant (EM) dont le traitement actuel repose sur la doxycycline. Les neuroborrélioses (méningoradiculites et atteintes de nerfs crâniens) et les mono-arthrites sont plus rares et nécessitent un avis complémentaire. Les formes ophtalmologiques ou cardiaques sont exceptionnelles. La sérologie n’a d’intérêt ni au stade d’EM ni pour le suivi de la maladie. L’utilisation d’un traitement antibiotique prolongé et/ou combiné n’a pas montré d’efficacité sur les symptômes persistants après une BL. Les diagnostics par excès de BL sont fréquents entraînant des retards diagnostiques d’autres pathologies et un mésusage d’antibiotiques avec de potentiels effets indésirables. Parmi ces diagnostics erronés, les syndromes somatiques fonctionnels nécessitent une prise en charge globale du patient.
Conclusion. Le dialogue entre le patient et le médecin généraliste facilite la prévention primaire, le diagnostic et limite l’inquiétude du patient dans ce contexte de controverses autour de la BL.
Background: Controversies around Lyme Borreliosis lead patients and general practitioners to raise some questions.
Method: A literature analysis and the use of the AGREE II template for quality control allowed 24 scientific societies to develop guidelines for LB.
Results: Primary prevention relies on physical protection measures in order to avoid bites. After a tick bite, the benefit/risk balance of antibiotics does not justify its use (risk of developing LB is < 5 %). Cutaneous manifestations are the most common in LB, mostly erythema migrans which treatment is primarily based on doxycycline. Lyme neuroborreliosis (meningoradiculitis and cranial nerve palsy) and monoarthritis are less common and a specialised opinion or an hospitalisation is required. Ophtalmologic and cardiac manifestations are even more uncommon. Serological monitoring is not required for erythema migrans diagnosis nor for LB follow up. Prolonged or combined antibacterial treatment has not proved any effectiveness on prolonged symptoms. LB overdiagnosis seems to be frequent with a potential loss of chance for appropriate care because of diagnostic delay and a pointless antibiotic therapy with potential adverse drug effects. Among these wrong diagnoses, some suffer from functional somatic syndromes requiring a global approach.
Conclusion: The discussion between the patient and the general practitioner facilitates primary prevention, diagnosis, and limits the patient concern in this context of controversies around LB.