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Rubrique: SOINS
Auteurs: Bonifacio A, Maisonneuve H, Imbert P, Gaboreau Y.
Citer cet article: Bonifacio A, Maisonneuve H, Imbert P, Gaboreau Y. Les médecins généralistes français et les " remèdes maison". exercer 2019;151:122-8.
Lien URL: https://www.exercer.fr/full_article/1088
Contexte. Les « remèdes maison » sont souvent utilisés par les patients. Peu chers et faciles d’accès, ils pourraient éviter des risques liés à la polymédication et compléter les thérapies médicamenteuses dans les traitements des maux courants en soins premiers.
Objectif. Évaluer les pratiques et le point de vue des médecins généralistes (MG) sur ces remèdes traditionnels.
Méthodes. Une étude descriptive transversale a été menée en 2017 parmi l’ensemble des MG de l’agglomération grenobloise. Ils étaient interrogés par questionnaire anonyme sur leur fréquence de prescription de remèdes maison la semaine précédente, leur fréquence de prescription pour 40 d’entre eux (souvent, parfois, jamais) et leur efficacité présumée (pas efficace, moyennement, très efficace) leur étaient demandées.
Résultats. 177 MG sur 500 (35,4 %) ont répondu à l’enquête. 10,7 % des patients en moyenne ont bénéficié de prescriptions de remèdes par leur MG. Les plus fréquemment utilisés étaient l’instillation d’eau salée dans les narines lors d’un rhume (74,6 %), puis les exercices de mobilisation et/ou étirement pour les lombalgies (69,4 %), enfin le bain de bouche au bicarbonate pour les candidoses buccales (61,1 %). Les remèdes perçus comme les plus efficaces étaient l’utilisation d’un tabouret remonte-pieds de toilettes pour la constipation (89,9 %), l’application de froid pour les brûlures cutanées (86,2 %) et le renforcement des quadriceps pour le
syndrome fémoro-patellaire (78 %). Seul le jeune âge était associé à l’augmentation de la prescription de remèdes maison, le sexe féminin l’était avec l’éventail élevé de remèdes proposés.
Conclusion. Les MG connaissaient et utilisaient certains remèdes traditionnels. Ces derniers mériteraient d’être davantage étudiés afin de pouvoir participer à la qualité et la sécurité des soins du patient par l’étude de leur profil efficacité-tolérance et par la réduction de la polymédication.
Background. Non-pharmacologic home remedies (NPHR) are often used by patients. They offer advantages of being cheap, easy to access, they could avoid the risks associated with polypharmacy and could complete drug-based therapies in the treatment of minor health complaints.
Aim. To evaluate attitude and practice of general practitioners (GPs) on these NPHR.
Methods. A cross-sectional study was conducted in 2017 among all GPs in the Grenoble urban area. They were interviewed through anonymous questionnaire about NPHR prescription frequency in the previous week. The frequency of prescription of 40 NPHR (often, sometimes, never) and their presumed effectiveness (not; moderately; very effective) were asked.
Results. 177 of 500 GPs answered (35.4% response rate). An average of 10.7% of patients received NPHR prescription. The most often used NPHR were saline water into the nasal passages to treat colds (74.6%), then doing mobility and/or stretching exercises for lower back pains (69.4%) and bicarbonate mouthwash for oral candidiasis (61.1%). Those perceived as the most effective remedies were squatting during defecation to treat constipation (89.9%), running cold on burns (86.2%) and strengthening of the quadriceps for patellofemoral syndrome (78%). Only young age was associated with increased NPHR prescription, female sex with wide range of NPHR suggested.
Conclusion. These results suggest that GPs knew and used a few home remedies. Others studies should be conducted in order to use them in a better way, to provide appropriate information to patients on their efficacity-security profil and to participate to reduce polymedication.