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Prise en charge des douleurs induites par les soins dans les EHPAD

Auteurs : De Crouy-Chanel C, Pignon A, Ghali M, Chopin M, Guineberteau C.

exercer 2019;149:4-9.

Rubrique: Recherche

N° 149 - Pages 4 à 9

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Résumé :

Contexte. Les douleurs induites par les soins (DIS) touchent 50 % des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les prescriptions anticipées (PA) d’un traitement antalgique sont un des moyens les plus efficaces pour lutter contre les DIS.
Objectif. Déterminer le taux des PA faites par les médecins généralistes dans les DIS en EHPAD.
Méthode. Étude observationnelle, transversale, rétrospective, multicentrique, menée de décembre 2016 à mai 2017 dans 10 EHPAD tirés au sort. Cinquante dossiers de résidents par EHPAD étaient tirés au
sort. Une grille anonymisée permettait le recueil des caractéristiques de l’EHPAD et de celles des résidents. Lorsqu’une PA d’antalgiques, d’anxiolytiques, d’anesthésiques locaux ou de mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote était identifiée, les observations médicales et les transmissions paramédicales étaient consultées pour évaluer la traçabilité des DIS. Le critère de jugement principal était la proportion de PA dans l’ensemble des dossiers analysés. L’analyse
statistique a été faite avec Epi Info 7®.
Résultats. Analyse de 500 dossiers, dont 2 % présentaient une PA pour des DIS. Sept des 10 PA étaient associées à la mention de l’existence d’une DIS dans le dossier paramédical et deux dans le dossier médical. La présence d’une revue de dossiers augmentait le taux de PA (p = 0,046), alors que l’existence de formation douleur pour les soignants le diminuait (p = 0,046).
Discussion. Le taux de PA pour les DIS est très inférieur à la prévalence de ces douleurs dans cette population. Cela interroge les processus complexes : du repérage de la douleur, de la représentation des soignants, de la transmission entre professionnels jusqu’au traitement prescrit. Les particularités du soin en EHPAD et celles des résidents peuvent être des éléments de compréhension de ce qui pourrait apparaître comme une insuffisance d’attention aux patients âgés douloureux.


Abstract :

Background. Care-induced pain (CIP) affects 50% of residents in homes for the aged (HA). Analgesic anticipated prescriptions (AP) are among the most effective ways of fighting CIP.
Aim. Determine the rate of APs made by general practitioners in CIP in HAs.
Method. Observational study, transversal, retrospective, multicenter, conducted from December 2016 to May 2017 in 10 randomly selected HAs. Fifty resident files were randomised in each HA. An anonymized
grid collected the features of the HAs and those of the residents. When an AP of analgesics, anxiolytics, local anesthetics or equimolar mixture of oxygen and nitrous oxide was identified, medical observations and paramedical transmissions were consulted to assess the traceability of CIP. The primary endpoint was the rate of AP in all the files analyzed. Statistical analysis was carried out with Epi Info 7®.
Results. Analysis of 500 files, of which 2% had an AP for CIP. Seven of the 10 APs were associated with mention of the existence of a CIP in the paramedical file and 2 in the medical file. The existence of a file review increased the AP rate (p = 0,046). The existence of pain training for caregivers decreased it (p = 0,046).
Discussion. The AP rate in CIP is much lower than the prevalence of these pains in this population. Our of findings call into question the complex of process of pain identification, representation for caregivers, transmissions between professionals and drug prescription. The particular characteristics of care in HA and those of residents could enhance understanding of what might appear as a lack of attention to elderly patients in pain.


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