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La décision médicale partagée : quelle efficacité sur les résultats de santé ?

Auteurs : Vallot S, Yana J, Moscova L, Fabre J, Brossier S, Aubin Auger I, Renard V, Ferrat E.

exercer 2019;149:25-39.

Rubrique: Soins

N° 149 - Pages 25 à 39

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Résumé :

Introduction : Pratiquer la décision médicale partagée (DMP) sous-entend que médecin et patient s’impliquent dans la discussion, partagent des informations, expriment leurs préférences et se mettent d’accord sur la décision finale. Malgré des raisons éthiques et sociologiques évidentes en faveur de la pratique de la DMP, ainsi que la promotion de sa pratique dans de nombreux pays, peu d’informations sont disponibles concernant son efficacité sur les résultats de santé des patients.
Méthode : Nous avons conduit une revue systématique de la littérature sur les effets objectivables de la DMP sur les résultats de santé entre mai 2015 et août 2016 en suivant les recommandations PRISMA. Afin de nous assurer que les articles correspondaient bien au modèle de la DMP, nous avons utilisé la définition originale de C. Charles pour sélectionner les articles. Ont été sélectionnées des études interventionnelles et observationnelles, en ambulatoire et hospitalier impliquant tout type de professionnel et de patient et évaluant un lien entre DMP et résultats de santé. Nous avons inclus 26 articles et avons analysé leur qualité avec la grille de Downs et Black.
Résultats : Cette revue systématique suggère que la DMP améliore certains résultats de santé, surtout indirects. Concernant les résultats indirects, la DMP semble améliorer la satisfaction des patients, leur
adhésion au traitement, leur qualité de vie, favorise un renforcement de la relation et une diminution des conflits décisionnels et du regret lié à la décision. Concernant les résultats de santé directs, la DMP
semble améliorer la détresse psychique et la douleur dans le syndrome fibromyalgique. La pratique de la DMP pourrait réduire également la surutilisation des antibiotiques et ne semble pas allonger le temps de consultation. Aucune augmentation significative des coûts n’a été observée dans une étude.
Conclusion : Ces résultats semblent en faveur d’une pratique de la DMP en consultation médicale de routine. Cependant, l’absence d’outil de mesure standardisé pour l’évaluer rend difficile la recherche sur son efficacité. Des études supplémentaires sur son effet sur la morbimortalité et une analyse coût-bénéfices sont nécessaires pour poursuivre la réflexion sur le sujet.


Abstract :

Background. In shared-decision making (SDM) practice, the health care provider and the patient are equally involved in the discussion, share information, express their treatment preferences and agree to the final shared decision. Despite obvious ethical and sociological reasons favouring SDM practice and large-scale promotion of its practice in several countries, there is a lack of evidence concerning its efficiency in terms of health outcomes.
Methods. We conducted a systematic review on SDM effectiveness between May 2015 and August 2016, following PRISMA recommendations. We used the original definition of C Charles to select articles
in order to ensure that they were in correspondence with the SDM relationship model. Observational and interventional studies conducted both in hospital and in ambulatory and involving all types of caregivers
and all types of patients and assessing a link between SDM and health outcomes were included. Research was carried out between May and August 2016 and included twenty-six studies, which were evaluated using Downs & Black quality assessment checklists.
Results. SDM practice could improve direct and, more particularly, indirect patient outcomes. Positive indirect outcomes include enhanced patient satisfaction, better adherence, a reinforced patient-health care provider relationship and decreased decisional conflicts and regrets. It also positively affects direct outcomes such as quality of life and pain and psychological distress in fibromyalgia cases. Moreover, SDM could reduce overuse of antibiotics in respiratory infections. Time spent in consultation was reported to be similar with and without SDM practice and no increase in costs was observed in one of the studies.
Conclusion. SDM could contribute to patient health with improvement in both direct and indirect outcomes, and it may be implemented in routine medical practice. However, confusion on SDM definition and the lack of a reliable and standardized method able to assess the accuracy
of shared decision making complicates research on SDM effectiveness. Further research is needed to assess its impact on morbi-mortality and economic outcomes.


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