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Opinion des médecins généralistes sur l’interprofessionnalité en soins primaires

Auteurs : Pernoud L, Trombert B, Vallée J, Laval B.

exercer 2018;147:388-93.

Rubrique: Recherche

N° 147 - Pages 388 à 393

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Résumé :

Contexte. En 2009, la loi Hôpital, patients, santé et territoires a introduit la notion d’interprofes-sionnalité, c’est-à-dire une charge pluriprofessionnelle qui repose sur un travail en équipe.
Objectifs. Recueillir l’avis des médecins généralistes sur l’évolution des compétences des infirmiers, des pharmaciens et des sages-femmes dans le domaine de la médecine générale.
Méthodes. Enquête transversale multicentrique auprès de 2 416 médecins généralistes libéraux exerçant dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Limousin. Les données déclaratives ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire auto-administré en ligne entre le 7 juin 2017 et le 7 août 2017.
Résultats. Les 281 médecins généralistes inclus exerçaient en moyenne depuis 16,6 ans. Les milieux d’exercice ruraux, semi-ruraux et urbains étaient représentés de manière homogène dans les limites : sous représentation de urbain. Environ 68 % d’entre eux effectuaient régulièrement des consultations de gynécologie ou liées à la contraception. Les avis favorables aux tests biologiques réalisables en pharmacie ont varié selon la situation clinique : diabète (64,1 %), grippe (45,2 %), angine streptococcique (31,3 %). Les répondants ont été globalement peu favorables au rôle de pharmacien correspondant ou à la vaccination antigrippale en pharmacie. Leurs avis ont semblé plus favorables pour l’entretien pharmaceutique et la prescription par un infirmier de substances nicotiniques. Ils ont été plutôt favorables à l’apparition d’infirmiers de pratique avancée et au suivi gynécologique ou de la contraception par les sages-femmes.
Conclusion. Les médecins généralistes semblent plus favorables à la coopération avec les infirmiers et les sages-femmes qu’avec les pharmaciens, notamment pour la prescription. L’évolution éventuelle de
l’opinion des médecins généralistes sur l’interprofessionnalité justifierait de répéter cette étude.


Abstract :

Background. The 2009 hospital, patients, health and territories act introduced interprofessionalism, as a multiprofessional care relying on teamwork.
Objective. To gather general practitioners opinions on the evolution of skills of nurses, pharmacists and midwives in the field of general practice.
Methods. Cross-sectional multicenter survey covering 2 416 self-employed general practitioners in Auvergne-Rhône-Alpes and Limousin. Declarative data were provided using a self-administered online questionnaire between 06/07/2017 and 08/07/2017.
Results. The 281 participating general practitioners exercised on average for 16.6 years. Rural, semi-rural and urban environments were homogeneously represented. About 68 % of them were regularly
conducting gynecological or contraceptive consultations. Favorable opinions on pharmacy biotests varied according to the clinical situation: diabetes (64.1 %), influenza (45.2 %), strep throat (31.3 %). Overall, respondents were not favorable to the role of the prescribing pharmacist or influenza vaccination in pharmacy. They seemed mainly favorable to the pharmacist consultation and to the nurse prescriptions of nicotine substitutes. They were also rather favorable to the emergence of advanced practice nurses and gynecological and contraceptive monitoring by midwives.
Conclusion. General practitioners seem to be more inclined to cooperate with nurses and midwives than with pharmacists, especially for prescribing. The possible evolution of the opinion of general practi-tioners on interprofessionality would justify repeating this study.


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