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Effets cliniques des nouveaux antidiabétiques

Auteurs : Pouchain D, Le Roux G, Renard V, Lebeau JP, Boussageon R.

exercer 2018;145:314-22.

Rubrique: Soins

N° 145 - Pages 314 à 322

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Résumé :

Depuis dix ans, les autorités de régulation du médicament (la Food and Drug Administration [FDA] américaine et l’Agence européenne des médicaments) imposent aux nouveaux antidiabétiques de démontrer qu’ils n’augmentent pas les événements cardiovasculaires (ECV). Cette contrainte a conduit les laboratoires pharmaceutiques à imaginer des essais randomisés un peu particuliers dans la mesure où ils ont pour objectif de prouver que ces nouveaux principes actifs (en association aux traitements en cours chez des patients non contrôlés) ne sont pas inférieurs au placebo. En résumé, ils doivent démontrer qu’ils ne sont pas plus dangereux qu’un leurre dépourvu de propriétés pharmacologiques, ce qui est la moindre des choses pour les cliniciens et surtout pour les patients. Les gliptines, les analogues du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) et les gliflozines ont fait l’objet de neuf essais montrant qu’ils n’étaient pas inférieurs au placebo sur les ECV. D’un point de vue méthodologique, la non-infériorité est bien démontrée, mais les résultats de supériorité allégués dans certains de ces essais sur le critère principal ou d’autres critères secondaires ou exploratoires sont à considérer comme des hypothèses et non pas comme des faits établis. En termes de santé publique et de responsabilité sanitaire, les préoccupations des autorités de santé sont légitimes. De leur côté, les médecins et les patients souhaitent, tout aussi légitimement, que ces médicaments démontrent qu’ils réduisent effectivement les complications cardiovasculaires des patients diabétiques.


Abstract :

For the last 10 years, the drug regulatory authorities (the US FDA and the European EMA) have required new antidiabetic drugs to demonstrate that they do not increase cardiovascular events (CVE). This constraint has led the pharmaceutical companies to design specific randomized trials to prove that these new active ingredients (in combination with current treatments in uncontrolled patients) are not inferior to placebo. In other words, these new drugs should not be more dangerous than a dummy without pharmacological properties, which is the least that clinicians and patients can expect. Gliptins, GLP1 analogues and gliflozins have been studied in nine published trials showing that they are not inferior to placebo on CVEs. From a methodological point of view, their non-inferiority is well-demonstrated, but the supposedly superior results  in some of these trials with regard to the main criterion or other secondary or exploratory criteria are to be considered as hypotheses rather than facts. In terms of public health and health-related responsibility, the concerns of the health authorities are legitimate. Just as legitimately, clinicians and patients expect an actual decrease in diabetes-related cardiovascular events ascribable to these drugs.


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