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Expérience de mort imminente : 4% des patients consultant en médecine générale

Auteurs : Lallier F, Pacquelet Y, Théry-Merland E, Loriot M, Hurtaud A.

exercer 2018;144:244-8.

Rubrique: Recherche

N° 144 - Pages 244 à 248

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Résumé :

Contexte. Les expériences de mort imminente (EMI) et les expériences de sortie hors du corps (EHC) ne semblent pas rares. Des enquêtes en population générale, aux États-Unis et en Allemagne, ont estimé la prévalence des EMI autour de 4 %. Les EMI peuvent se produire dans diverses situations, souvent proches de la mort. Elles peuvent être à l’origine de répercussions comportementales importantes. Connaître la prévalence des EMI et EHC dans la population française permettrait de sensibiliser les médecins généralistes.
Objectif. L’objectif principal de cette étude était d’estimer la fréquence des EMI et des EHC en France chez les adultes consultant en médecine générale.
Méthode. Étude prospective multicentrique, réalisée entre novembre 2013 et février 2014 dans trois cabinets de médecine générale (Marne). L’enquêteur, formé au diagnostic d’EMI, a proposé l’étude à tous les patients adultes vus en consultation et capables de répondre. L’enquêteur recherchait un antécédent d’EMI ou d’EHC vécu par le participant, et si besoin en recueillait une description. Le diagnostic d’EMI était validé par un score de Greyson O 7. Enfin, l’enquêteur recherchait si le participant ayant vécu une EMI ou une EHC en avait déjà parlé à un médecin.
Résultats. 224 participants ont été inclus. L’âge moyen était de 54 ans [18-92]. Il y avait 143 femmes (64 %). 27 participants (12,1 % [7,8-16,4]) ont rapporté une des expériences étudiées, dont 9 EMI validées (4,0 % [1,4-6,6]) et 19 EHC (8,5 % [4,8-12,2]). Six caractéristiques descriptives des EMI étaient retrouvées dans plus d’un récit sur deux. Un seul participant en avait déjà parlé à un médecin.
Conclusion. Plus d’une personne majeure sur 10 consultant en médecine générale avait déjà vécu une EMI ou une EHC.


Abstract :

Background. Near-death experiences (NDE) and out-of-body experiences (OBE) don’t seem to be rare. In the United States and in Germany’s general population, studies have estimated the prevalence of NDE around 4%. NDE can occur in various situations, often close to death. They can cause important behavioural changes in patients. To know the prevalence of NDE and OBE in the French population could encourage the general practitioners to identify and help their NDE patients.
Objective. The aim of this study was to estimate the prevalence of NDE and OBE in French adults consulting a general practitioner.
Method. A multicentric prospective study was conducted between November 2013 and February 2014 in three general practice offices in the department of the Marne. The investigator, trained for NDE diagnosis,
asked all the adult patients consulting and able to answer the study questions, to participate. The investigator asked each patient about a NDE or an OBE in the past, and if needed he collected a description
of it. The diagnosis of NDE was secondarily validated with a score of Greyson ≥ 7. Lastly, the investigator asked the participants who had lived a NDE or an OBE if they had already spoken about it with a practitioner.
Results. The study included 224 participants. Mean age was 54 years [18-92]. There were 143 women (64%). 27 participants (12,1% [7,8-16,4]) had experienced a NDE or an OBE: 9 validated NDE (4,0% [1,4-6,6]) and 19 EHC (8,5% [4,8-12,2]). Six descriptive characteristics of the NDE were found in more than one account on two. One participant had spoken of his OBE with a doctor.
Conclusion. More than one adult out of ten consulting in general practice had lived a NDE or an OBE.


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