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L'approche des adolescents en médecine générale

Auteurs : Binder P, Heintz AL, Tudrej B, M Haller D, Vanderkam P.

exercer 2018;142:169-81.

Rubrique: Soins

N° 142 - Pages 169 à 181

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Résumé :

En consultation, les adolescents ne sont souvent pas plus à l’aise que leur médecin généraliste. C’est le plus souvent une rencontre de méconnaissances et de représentations préalables. Les adolescents considèrent leur généraliste plus comme un soignant du corps qu’un confident de leurs soucis psychologiques. Mal à l’aise avec les plaintes floues, le système familial, le niveau de gravité et celui de leur compétence, les généralistes tâtonnent entre des postures de techniciens réparateurs, d’ingénieurs planificateurs ou de collaborateurs accompagnateurs. Quels que soient leurs motifs, ces consultations spécifiques sont pourtant des occasions d’un impact positif et structurant. En s’adaptant aux mutations des adolescents, elles ont trois priorités : établir une relation de soin, identifier le mal-être et favoriser les conditions d’une croissance. Le cadre d’accueil ne doit pas être négligé. La gestion du tiers nécessite une attention nourrie par un travail sur la systémique familiale. Le dépistage des troubles psychologiques est à faire en routine. La communication passe par un intérêt pour la santé de son corps et son examen avant d’aborder des préoccupations psychologiques. L’accompagnement s’inscrit dans la durée. Ses objectifs sont : améliorer l’estime de soi, favoriser son expression, identifier et valoriser les compétences adaptatives en suscitant une diversité de solutions, et s’accorder sur des objectifs très limités en s’assurant de sa compréhension. En dehors du premier contact ou du bilan initial, les consultations d’accompagnement psychologique n’ont pas à être longues mais doivent être régulières dans les périodes de perturbations. Le généraliste n’a pas le temps mais il a la durée. La gravité d’une situation détermine la séquence des rencontres et l’orientation vers le dispositif spécialisé sans pour autant perdre le contact.


Abstract :

During a consultation, teenagers are frequently just as uncomfortable as their general practitioners. More often than not, what occurs is a meeting of initial misconceptions and erroneous representations. Indeed, teenagers consider their general practitioner more as a physical health professional than as a psychological counselor or confidant. Ill at ease when having to deal with vague complaints, family set-ups, level of severity and their own field of competence, general practitioners tiptoe between the different postures of repair technicians, planning engineers and supportive associates. Whatever their reasons, specific consultations nevertheless represent opportunities for a positive and structuring impact. Focused on adaptation to teenagers’ transformations, they have three priorities: to establish a caring relationship, to identify the malaise and to foster conditions favorable to growth. The host environment must not be neglected. Management involving outside parties necessitates sustained attention undergirded by a systemic approach to the teenager’s family. Screening for psychological disorders should be routine. That much said, effective communication requires interest in his or her bodily health – and physical examination – before broaching psychological worries and concerns. Support must stand the test of time. Its key objectives are: to enhance self-esteem and encourage its expression, to identify and promote adaptive skills by generating a multiplicity of solutions, and to achieve agreement on strictly limited, well-defined objectives by making sure they are fully understood. Aside from the first contact and initial assessment, psychological support consultations should not be lengthy, but during disruptive spells or phases, they need be regular. Even though a general practitioner has few hours to spare, time is on his side. While the relative severity of a given situation determines the sequencing of sessions and possible referral to specialized facilities, the general practitioner is called upon to keep in touch with the teenager.


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