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Santé des médecins et système de soins dédié : une étude des besoins

Auteurs : Gaboreau Y, Verjus A-L, Bosson J-L, Marchand O, Imbert P.

exercer 2018;142:148-55.

Rubrique: Recherche

N° 142 - Pages 148 à 155

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Résumé :

Contexte. Confronté à un environnement exigeant, le médecin estime qu’il est un patient comme les autres. Pourtant, il nie le plus souvent sa fatigue et les symptômes annonciateurs de maladie par indifférence, mépris de sa souffrance ou crainte de la vérité.
Objectif. Recueillir le point de vue des médecins généralistes libéraux de l’arc alpin sur un projet de prise en charge de leur santé par une structure de soins spécifique, ses caractéristiques attendues et ses critiques.
Méthodes. Enquête épidémiologique analytique transversale déclarative, menée à l’aide d’un questionnaire anonyme avec relances envoyé à 1 076 médecins généralistes libéraux des départements de l’Isère, de Savoie et de Haute-Savoie entre mai et juillet 2012.
Résultats. Le taux élevé de réponses obtenu (59,4 %) révélait l’intérêt pour ce sujet. Environ 69 % des praticiens interrogés étaient favorables à une structure de soins dédiée. Ils étaient demandeurs de consultations de prévention mais aussi de soins (prescription thérapeutique et actes) dans un cadre de confidentialité renforcée. Ils restaient attachés au libre choix du médecin et du lieu de consultation. L’autosurveillance (68,5 %), le suivi déjà réalisé par d’autres confrères (30,2 %) ainsi que le manque de temps disponible pour aller consulter (22,1 %) semblaient être les principales causes de réticence à la création d’une structure spécifique.
Conclusion. La création d’une structure dédiée à la prise en charge de la santé des médecins libéraux est plébiscitée. Les exigences sont nombreuses, et les obstacles puissants. Son but serait d’améliorer l’état de santé des médecins et, par ce biais, assurer aux patients une prise en charge optimale.


Abstract :

Background. Facing a demanding environment, the practitioner considers he is like any other patient. However, most of the time, he denies his fatigue and symptoms of illness because of indifference or because of fear of the truth.
Aim. To gather community-based general practitioners’ (GPs) point of view in the northern French Alps regarding the management of their own health through a structure project of specific treatments, its expected characteristics and its critics.
Methods. An epidemiological analytic cross-sectional survey has been led with the help of an anonymous questionnaire with follow ups sent to 1076 community-based GPs from the counties of Isère, Savoie and Haute-Savoie between May and July 2012.
Results. The high rate of answers obtained (59.4%) revealed an interest for this subject. Almost 69% of GPs who were asked were in favor of a dedicated health care system. They asked for preventive consultations and also for medical care (therapeutic prescriptions and medical treatments) within a reinforced confidential frame. They opted strongly for a free choice of practitioner as well as place of consultation. Self-surveillance (68.5%), the follow up already done by other colleagues (30.2%) together with the lack of time one has to consult (22.1%) seem to be the main causes of reluctance to the creation of a specific structure.
Conclusion. The creation of a structure dedicated to the management of community-based GPs’ health care is approved by a large majority. Requirements are numerous and obstacles are powerful. Its aim would be to improve practitioners’ health, and through this, to ensure an optimal health care to patients.


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