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L’approche des adolescents en médecine générale

Auteurs : Binder P, Heintz AL, Tudrej B, M Haller D, Vanderkam P.

exercer 2018;141:122-3.

Rubrique: Soins

N° 141 - Pages 122 à 132

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Résumé :

L’adolescence est une période de multiples perturbations psychologiques et comportementales peu faciles à décoder. C’est la dernière étape de la maturation d’un cerveau qui se spécialise. Celui-ci est soumis à des transformations majeures où les différents centres de contrôle du comportement se déplacent et se développent avec des décalages dans le temps. Avec un cerveau « reptilien » très réactif au besoin, plus ou moins supervisé par une instance « mammifère » très imprégnée d’émotionnel et de désir, l’adolescent apprivoise le « cognitif », logique, et tourné vers le projet. Cette évolution est modulée par de nombreux facteurs. Au plan interne, on y trouve la génétique et la transformation hormonale pubertaire. Au plan externe, l’influence parentale et son mode d’attachement précoce restent primordiaux puis font progressivement la place à celle de l’école, des pairs, des écrans et des réseaux sociaux. Dans le vécu et les comportements des adolescents, le normal et le pathologique sont difficiles à dissocier. Les troubles internalisés sont discrets, voire négligés (sommeil, anxiété, phobies, dépression, idées suicidaires), les troubles externalisés sont plus apparents et bruyants (accidents, consommations de psychoactifs, anorexie, boulimie, troubles obsessionnels compulsifs, automutilations, suicides) avec des différences selon le sexe. Les facteurs de risque sont nombreux et mieux connus que les facteurs de protection. Un quart à un tiers des adolescents qui consultent en médecine générale ont des difficultés psychosociales. Connaître cette période trouble de l’adolescent permet au médecin généraliste de les aborder avec plus de sérénité.


Abstract :

Adolescence is a period marked by multiple psychological and behavioural disruptions that are difficult to decode. It is the ultimate step in the maturation fo an increasingly specialized brain, subject to large scale transformations through which the different centres of behaviour control migrate and develop according to different timetables. With a “reptilian” brain highly reactive to need, more or less closely supervised by a mammalian function impregnated with emotivity and desire, the adolescent domesticates the logical and project-oriented “cognitive”. Such evolution is modulated by numerous factors. From an internal standpoint genetic determinants and hormonal transformations rule. From an external standpoint, parental influence and the early attachment process remain crucial, bur are progressively superseded by influences emanating from school, peers, screens and social networks. In the life experience and behaviors of adolescents, the normal and the pathological are difficult to dissociate. While internalized disorders are often inconspicuous and may be neglected (sleep disorders, anxiety, phobia, depression, suicidal ideation), external disorders are more patent and harder to ignore (accidents, psychoactive substances consumption, eating disorders, self-harm and suicide)., with differences according to gender. Risk factors are numerous, and better known than protective factors. One quarter to on third of the adolescents consulting in general practice have encountered psychosocial difficulties. Enhanced knowledge of this troubled period in teenagers’ lives should enable general practitioners to approach them with greater serenity.


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