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La cigarette électronique : répondre aux questions des patients et aux doutes des médecins

Auteurs : Kinouani S, Lajzerowicz N, Peurois M, Castéra P, Vanderkam P, Auriacombe M.

exercer 2017;138:457-69.

Rubrique: Soins

N° 138 - Pages 457 à 469

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Résumé :

Bien qu’il existe des médicaments efficaces dans le traitement de l’addiction au tabac, certains fumeurs appréhendent de s’arrêter de fumer ou ne le souhaitent pas. Une démarche de réduction des risques et des dommages pourrait être proposée. La cigarette électronique (ou e-cigarette) est apparue au début des années 2000 comme une façon potentiellement moins dommageable de consommer de la nicotine par voie inhalée. Comme elle n’est pas un médicament en France, la place que les soignants doivent lui donner reste débattue. Les objectifs de cet article étaient de décrire l’usage de l’e-cigarette en France et les connaissances actuelles en matière d’efficacité pour l’arrêt total ou la diminution de la consommation de tabac, et de nocivité. L’usage de l’e-cigarette est surtout un usage des fumeurs/anciens fumeurs et des sujets jeunes. Comme pour le tabac, les niveaux d’usage en France sont parmi les plus élevés d’Europe ; cependant, ils sont stables, voire en baisse depuis 2016. Il n’est pas clairement établi que les e-cigarettes favorisent l’arrêt du tabac. L’usage d’e-cigarettes pourrait cependant favoriser les tentatives d’arrêt ou la réduction des quantités consommées, notamment chez les vapoteurs quotidiens et ceux qui ne s’installent pas dans un usage dualiste prolongé. En l’absence de combustion, l’usage de l’e-cigarette est de loin moins nocif pour la santé que la consommation de tabac fumé. Conclusion. Toute démarche d’arrêt ou de diminution de l’usage du tabac est à encourager, même avec l’e-cigarette. Dans le cadre d’une décision médicale partagée, le médecin généraliste peut conseiller au fumeur un accompagnement médical et clarifier l’objectif de soin. Il peut proposer les traitements anticraving (patch, varénicline) si le patient accepte la prise en charge de l’addiction ; il utilisera des produits de remplacement en cas de maintien de l’usage du tabac fumé.


Abstract :

Although there are effective medications for the treatment of tobacco addiction, some smokers are afraid to stop smoking or do not want. A harm risk reduction approach can be proposed for such smokers. The electronic cigarette (or e-cigarette) appeared in the early 2000s. It would seem a way less harmful to consume some nicotine by inhalation. In France, it is not considered to be a medical device and its place is unclear to caregivers. Our aims were to describe the e-cigarette use in France, its efficiency (for smoking cessation or reduction) and its harmfulness. E-cigarette use is common among tobacco smokers or former smokers and young subjects. Frequencies of use in France are among the highest in Europe but they remained stable or seemed declining since 2016. It is not yet established that e-cigarettes promote smoking cessation. However, e-cigarette use may encourage attempts to quit smoking or reduce tobacco smoking, in particular among daily users and those who do not settle in a continuous dual use. In the absence of combustion, e-cigarette is far less harmful to health than smoked tobacco. Conclusion. Any attempt to quit or reduce smoking should be encouraged, even with e-cigarette. In a shared medical decision process, GPs can help smokers by offering medical support and clarifying objectives. Access to treatment of the addiction (patch, varenicline) should be favored; for those who continue tobacco smoking, the use of reinforced nicotine replacement therapy should be facilitated.


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