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Salle de consommation à moindre risque : les généralistes majoritairement favorables à l'expérimentation

Auteurs : Clergue-Duval V, Cleirec G, Taroni V, Azuar J.

exercer 2017;136:346-50.

Rubrique: Recherche

N° 136 - Pages 346 à 350

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Résumé :

Contexte. L’ouverture de la première salle de consommation à moindre risque (SCMR) en France a eu lieu en octobre 2016 à Paris dans le Xe arrondissement. Les médecins généralistes libéraux (MG) du nord de Paris sont concernés en tant qu’acteurs du territoire de soins.
Objectif. Recueillir l’opinion des MG libéraux du nord de Paris sur l’expérimentation de la SCMR. Méthode. Tous les MG libéraux des IXe, Xe, XVIIIe et XIXe arrondissements de Paris ont été contactés par téléphone, et un questionnaire a été adressé à ceux qui l’acceptaient.
Résultats. Cent onze MG ont répondu (âge médian 57 ans, 36 % de femmes, 57,3 % en cabinet individuel), soit 33,5 %. Une majorité des avis exprimés (61,5 %) étaient favorables à l’ouverture de la SCMR (p = 0,036), avec des réserves pour 39,3 % d’entre eux. 18 % de l’échantillon était sans opinion sur la question. En analyse multivariée, les facteurs significativement associés à un avis favorable étaient l’âge inférieur à 50 ans et le fait d’être prescripteur de traitements de substitution aux opiacés. Les principales réserves exprimées concernaient la sécurité des quartiers environnants.
Conclusion. Les MG étaient donc majoritairement favorables à une expérimentation de qualité de la SCMR sur leur territoire, notamment ceux formés à la réduction des risques depuis les années 1990. Cependant, ils étaient en attente des résultats de son évaluation concrète. Ces résultats méritent d’être réévalués plusieurs mois après l’ouverture de la SCMR.


Abstract :

Background. The opening of the fi rst low risk drug consumption room (DCR) in France occurred in October 2016 in Paris’ 10th district. As professionals practicing i n this northern Parisian neighborhood, private general practitioners (GPs) were concerned.
Objective. To gather the opinions of private GPs in northern Paris on DCR experimentation. Methods. All of the private GPs in the 9th, 10th, 18th and 19th districts of Paris were contacted by phone and a questionnaire was sent to those who agreed to participate.
Results. One hundred and eleven GPs responded (33.5 % of those contacted; median age 57 years, 36 % women, 57.3 % in individual practice). The majority of them  (61.5 %) were in favor of the opening of the DCR (p = 0.036), while  39.3 %  expressed reservations. 18 % of the sample expressed no opinion on the issue. Using a multivariate analysis, factors signifi cantly associated with a positive opinion were age below 50 years and being a prescriber of heroin maintenance treatment. The main reservations pertained to the safety of surrounding neighborhoods.
Conclusion. The GPs interrogated, particularly those trained during the 1990s in risk reduction, were largely in favor of high-quality DCR experimentation in their neighborhoods. However, they were awaiting the results of thorough evaluation. These results should be reassessed several months after DCR openings


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